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Comment CTN France accompagne-t-elle les acteurs du marché de l’éolien et du photovoltaïque ?

CTN France est aux côtés de différents acteurs du marché de l’éolien et du photovoltaïque. Focus sur les enjeux du secteur des énergies renouvelables.

Comment CTN France accompagne-t-elle les acteurs du marché de l’éolien et du photovoltaïque ?

L’épidémie de Covid-19 est « un choc historique pour l’ensemble du monde de l’énergie », note le rapport Global Energy Review de l’Agence internationale de l’énergie, publié fin avril. Le document prévoit que la demande mondiale d’énergie baissera de 6% en 2020. Mais cette chute devrait épargner les énergies renouvelables – les seules sources d’énergie qui devraient croître. La production d’électricité renouvelable augmenterait ainsi de 5% en 2020, principalement portée par le solaire photovoltaïque et par l’éolien.

« La question de l’indépendance nationale est beaucoup évoquée pour la production des médicaments. La question de l’indépendance énergétique est sous-jacente, estime Laurent Guiot, associé de CTN France. Avec la crise actuelle, les acteurs du monde économique seront encouragés à réfléchir de plus en plus au mode d’approvisionnement et de sourcing des énergies, et à se tourner vers une filière verte. »

L’éolien, un marché en pleine croissance

Depuis quelques années, l’éolien est un secteur en plein essor. Il a suscité plus de 652 milliards de dollars d’investissements entre 2015 et 2019, selon Global Wind Energy Council (GWEC), l’association qui représente la filière au niveau mondial. La Chine et les États-Unis dominent le marché de l’éolien terrestre. À eux deux, ils ont représenté 60% des nouvelles installations dans le monde en 2019. En Europe, le marché éolien allemand est le plus important en termes de capacité raccordée. La France se situe au quatrième rang européen, avec près de 1 380 parcs pour 7 950 éoliennes, en 2019, d’après les statistiques de France Énergie Éolienne (FEE).

Des chiffres qui vont croître à la suite de la publication du décret de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : la France a fixé l’objectif de puissance installée pour 2023 à 24,1 gigawatts pour l’éolien terrestre, et à 2,4 gigawatts pour l’éolien offshore. L’éolien représente actuellement 7,4% de la production d’électricité française ; ce chiffre devra être porté à près de 20% à l’horizon 2028, selon FEE.

« Le secteur de l’éolien est dynamique, le nombre de projets et de structures se multiplie », confirme Laurent Guiot. Cependant, la répartition des éoliennes en France est loin d’être homogène. Certaines régions tirent particulièrement leur épingle du jeu : les Hauts-de-France et le Grand-Est sont les premières régions éoliennes du pays, aussi bien en termes de parc que de production annuelle.

Marché de l’éolien et du photovoltaïque, le défi des ressources humaines

Pour croître, le secteur de l’éolien mise sur différentes possibilités technologiques comme l’éolien en mer ou l’éolien de grande hauteur. Mais la typologie d’implantation évolue également.

« La productivité et la capacité d’alimentation des éoliennes augmentent. Certains acteurs cherchent à élaborer des éoliennes qui pourraient être installées dans des zones urbaines en utilisant des formats plus petits. Pourquoi ne pas imaginer une éolienne sur le toit d’un magasin, dès lors que les acteurs du secteur auront réussi à se conformer aux obligations environnementales qui sont liées ? », remarque Laurent Guiot.

Les acteurs de l’éolien, et ceux du photovoltaïque, vont devoir se structurer pour se développer. Mais aussi recruter. Selon l’édition 2019 de l’Observatoire de l’éolien, le secteur mobilisait 18 200 emplois directs et indirects en France, en 2018. La filière créerait près de quatre emplois par jour, dixit FEE. « Les entreprises recherchent des prospecteurs fonciers et des techniciens, par exemple. Les technologies changent, et il n’y a pas forcément pléthore de candidats. La question de l’emploi et de la formation est donc une question essentielle », note Laurent Guiot. Le GWEC estime d’ailleurs que les emplois directs et indirects dans l’éolien vont plus que tripler au niveau mondial, d’ici 2030 : ils passeront de 1,2 million, en 2018, à près de 4 millions !

Accompagner les acteurs du secteur de l’éolien et du photovoltaïque

La filière éolienne française, d’après l’Observatoire de l’éolien, rassemble 1 000 entreprises. La mise en œuvre des projets fait appel à des intervenants variés : bureaux d’études, fabricants de composants, entreprises d’ingénierie et de construction, sociétés d’exploitation et de maintenance… « Nous accompagnons différents types d’acteurs de la filière de production d’énergies renouvelables: les promoteurs qui conçoivent les projets, les investisseurs finançant leur développement et, désormais, des entreprises envisageant de devenir des fournisseurs d’énergies vertes grand public », énumère Laurent Guiot.

La croissance forte du secteur amplifie les besoins d’accompagnement des entreprises, notamment sur le plan administratif. En effet, débuter un projet éolien suppose de créer une société dédiée.

« La création d’une société implique une comptabilité, des paiements, des taxes, des liasses fiscales… Nous accompagnons des entreprises qui ont pour ambition de devenir des acteurs majeurs des énergies renouvelables dans les années à venir. Elles gèrent, pour certaines, plus de 1 000 projets au travers de plusieurs centaines de structures juridiques dédiées. Mais leur service comptable et administratif ne compte souvent qu’un nombre limité de collaborateurs. Nous sommes là pour compléter leur ressources internes, en suivant directement un certain nombre de sociétés », explique Alexandre Boudry, expert-comptable spécialiste du secteur des énergies renouvelables chez CTN France.

L’atout de l’expertise

« Nous sommes capables d’absorber leurs pics d’activité. Nous leur apportons également un regard extérieur sur les modes opératoires et les particularités du secteur », complète Laurent Guiot. Une expertise précieuse lorsqu’il s’agit de gérer les relations avec l’administration fiscale. « Nous devons répondre aux obligations et engagements des conventions de financement bancaire, fournir les attestations sur des ratios financiers, sur la base des comptes individuels ou consolidés. Pour les contrôleurs fiscaux, il n’est pas toujours simple de comprendre l’organisation opérationnelle des sociétés. Nous assistons et nous accompagnons les clients lors de cette étape », ajoute Alexandre Boudry.

Les experts de CTN France possèdent, en outre, une connaissance fine des montages financiers du secteur éolien et photovoltaïque. Ils peuvent donc conseiller au mieux les investisseurs qui arrivent sur le marché. « Les années passées auprès des acteurs du secteur nous donnent une vision de la manière dont les projets sont structurés et montés. Les montages se caractérisent par une dette externe bancaire assez importante et un niveau de capitalisation relativement faible. Techniquement, il s’agit classiquement d’un effet de levier. Ces modèles économiques assurent une rentabilité pérenne à long terme, le niveau de confiance des financeurs est donc assez important. Avec ces modèles, on retrouve également des conventions de fiscalité de groupe (intégration fiscale) et de financement intragroupe », détaille Laurent Guiot.

L’enjeu de la fiscalité

Un autre défi que les entreprises doivent relever, c’est celui d’une fiscalité spécifique. À travers, notamment, l’imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (IFER). « Cette taxe est basée sur la puissance installée des projets. Quand des modifications de puissance ou de raccordements aux réseaux d’installations sont effectuées, elles s’accompagnent d’obligations déclaratives », décrit Alexandre Boudry.

Maîtriser les subtilités de l’IFER et de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) représente un enjeu important. « Selon les installations, des problématiques différentes émergent. De plus, la position de l’administration évolue. C’est important de lui soumettre des arguments – elle peut en tenir compte, ou non. Nous avons participé à des arbitrages au cours desquels notre rôle a surtout consisté à faciliter la communication avec l’administration », révèle Alexandre Boudry.

Dans ces conditions, il faut pouvoir se reposer sur un conseil expérimenté. « Cette taxe a de nombreuses particularités. Il faut avoir été confronté à différents cas de figure pour maîtriser la législation et la doctrine fiscale », renchérit Laurent Guiot.

Marché de l’éolien et du photovoltaïque : l’importance du modèle économique

Les coûts fiscaux sont particulièrement importants car ils ont des conséquences sur la modélisation économique des projets. « La question du modèle économique est primordiale. Les investissements se font sur dix ou vingt ans. La filière est modélisée par un calcul mathématique, avec une projection de capacité de production et de prix. En tenant compte du prix de l’électricité, l’investisseur est capable de prévoir son chiffre d’affaires futur grâce aux prédictions météorologiques qui lui permettent d’estimer sa capacité de production en mégawatts », explicite Laurent Guiot.

Les charges constituent un autre élément de cette modélisation. « Si les taxes varient de 1 ou 2% du chiffre d’affaires, cela a des conséquences considérables sur les projections de cash-flow. Or, cette modélisation est un élément important de la levée financière qui permet de réaliser les investissements et de développer les projets », affirme Laurent Guiot.

Les rachats de projets étant nombreux, les changements fiscaux peuvent également jouer sur les prix des cessions. La production d’une information financière récurrente est donc essentielle pour s’assurer que les projections initiales sont bien respectées. « Chaque début de mois, notre équipe se mobilise pour produire cette information. Une discipline organisationnelle est mise en place, c’est un véritable enjeu dans l’accompagnement », conclut Laurent Guiot.

 

10/06/2020 -